Sécurité des déplacements en deux roues : Mounir Belhamiti « revendique le droit de changer d’avis. »

15 05 2019 | AN

 

 

L’enfer (législatif) est parfois pavé de bonnes intentions.

A l’occasion de l’examen de la loi sur les mobilités à l’Assemblée nationale, Mounir Belhamiti a déposé un certain nombre d’amendements sur les sujets au cœur de son activité parlementaire (essentiellement sur les questions de traitement de données).

Et il a naturellement sollicité ses collègues pour qu’ils joignent leur signature à la sienne.

De la même manière, certains de ses collègues qui ont travaillé plus spécifiquement sur les questions de sécurité routière, ont élaboré des amendements auxquels ils lui ont proposé de l’associer. C’est ainsi qu’il a été amené à cosigner l’amendement CD 1951 qui propose de modifier le projet de loi d’orientation des mobilités.

Cet amendement proposait l’obligation :

  • du port du casque pour les cyclistes et usagers d’engins de déplacement personnel comme la trottinette, le gyropode, le tricycle à moteur et le quadricycle à moteur.
    du port du gilet de haute visibilité pour ces mêmes usagers, ainsi que pour les motocyclistes et cyclomotoristes.

« Cet amendement m’était intuitivement apparu comme positif pour la sécurité de tous ces usagers, explique le député. En effet, la mortalité des usagers du vélo – mode de déplacement pour lequel nous disposons de nombreuses études statistiques – a augmenté ces dernières années. »

Par heure passée sur la route, un cycliste aurait ainsi 3 fois plus de risques d’être tué et 16 fois plus de risque d’être gravement blessé qu’un automobiliste.

Les accidents, même mineurs comme une simple chute, peuvent entraîner des conséquences majeures, telles qu’un traumatisme crânien.

Or il semblerait que le port du casque réduise de presque 70 % les risques de blessure grave à la tête et de 65 % les risques de traumatisme crânien entraînant la mort.

Par ailleurs, l’arrivée sur le marché des vélos à assistance électrique, permettant de rouler à 25 km/heure, a amoindri la frontière entre vélo et deux roues motorisés. L’utilisation de vélos et d’engins de déplacement personnel va croissant, et le risque d’accidents également. C’est aussi parce que 90 à 95% des décès de cyclistes seraient dus à des collisions avec des véhicules motorisés, qu’il pouvait sembler pertinent de renforcer autant que possible la visibilité des cyclistes.

Toutefois, des associations et des particuliers ont alerté Mounir Belhamiti sur le risque de voir une obligation du port du casque et de gilets de signalisation détourner les usagers de la pratique du vélo et des mobilités douces.

« Les politiques publiques que je soutiens et que la majorité met en œuvre visent à accompagner la croissance de la pratique par des incitations de nature fiscale, et par des aménagements d’infrastructures sécurisées : rien ne serait pire que de voir ces avancées amoindries par des contraintes pesant sur les usagers. Et, réflexion faite, il m’apparaît que des campagnes de sensibilisation sur l’intérêt du port du casque et d’éléments réfléchissants sont sans doute plus efficaces que des mesures coercitives. »

« Concernant le port du gilet réfléchissant pour les motos et cyclomoteurs, à la réflexion, il m’apparaît que cette disposition serait probablement effectivement superflue, voire contre-productive, compte tenu des obligations déjà en vigueur », complète le député.

Ce sont les raisons pour lesquelles Mounir Belhamiti a retiré sa signature de l’amendement CD 1951.

« Il convient également de rappeler qu’il est courant qu’après avis du rapporteur ou du gouvernement, qu’après interpellation de leurs concitoyens, des députés retirent des amendements lors de la discussion du texte, ou ne votent pas des amendements qu’ils avaient cosignés, précise Mounir Belhamiti.
C’est précisément tout l’intérêt de la publicité des débats que de permettre aux citoyens de faire connaître leur point de vue ou leurs objections.
Seul, au final compte le vote. Et changer d’avis au cours d’une discussion ne me pose aucun problème, lorsque je suis convaincu par l’argumentation qui m’est opposée : c’est cela, une démocratie apaisée. »

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